Les femmes manquent à l’écran


Une nouvelle recherche prouve à quel point les disparités hommes-femmes persistent à l’écran, et également derrière celui-ci.

Et si les héros modernes étaient des femmes ? Wonder Woman fait son arrivée au cinéma cet été, l’héroïne va diversifier le paysage héroïque du grand écran, bien souvent remplie par une abondance d’hommes. Son arrivée n’est pas si anodine, dans un contexte où l’empowerment féminin se fait entendre, un certain nombre de barrières sociales restent à franchir, et pour cela, quoi de mieux qu’une femme aux multiples pouvoirs, dont la résistance au contrôle mental.

Des personnages proches du réel

Les personnages que nous voyons à l’écran jouent un rôle important dans la détermination des rôles que nous occupons hors écran. Une étude récente menée par Google montre que seuls 15% des enfants se souviennent avoir vu des femmes accomplir des tâches informatiques au cinéma ou à la télévision. C’est en réalité le reflet de la vie réelle où les femmes ne représentent que 17% des majors informatiques, avec un déclin régulier depuis 1984. Leur sous-représentation dans le cinéma, les médias et autres supports d’influences qui forgent un imaginaire commun participent à ce déclin.

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L’actrice Geena Davis a remarqué que les films que sa fille voyait manquaient de personnages féminins, même dans les dessins animés et que cela participait à l’idéologie qu’elle puisse se faire sur l’importance du rôle de la femme en société. Elle a donc fondé l’Institut Geena Davis sur le genre dans les médias en 2007 et a commencé à recueillir des données sur les films. Elle s’est rapidement rendu compte du temps que pouvait demander la recherche, la collecte et l’analyse de données.

Une IA pour faire changer les choses

Geena Davis a fait appel au Global Impact Challenge de Google afin de développer un logiciel qui mesure précisément la fréquence à laquelle nous voyons et entendons les femmes à l’écran. Surnommé le Geena Davis Inclusion Quotient (GD-IQ), l’outil permet non seulement d’identifier le sexe d’un personnage, mais il sait à une fraction de seconde combien de temps chaque acteur a parlé, et est apparu à l’écran. Les machines apprennent d’elles-même à partir d’exemples qui ont été annotés avec la bonne réponse.

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L’équipe a utilisé ce logiciel pour analyser les 100 films d’action les plus populaires des années 2014, 2015 et 2016, selon The Numbers.  Les recherches nous montrent que les hommes sont vus et entendus presque deux fois plus souvent que les femmes, celles-ci ont seulement 35% de temps de parole. Ce projet permet de mettre en lumière une inégalité qui peut avoir une grande influence sociale. Tout comme les médias, le cinéma participe à la construction de notre vision du monde, un monde dans lequel le personnage héroïque est trop souvent masculin. En mettant en lumière ce problème grâce à des données précises, Geena Davis et Google Impact Challenge espèrent que le cinéma participe à la construction d’imaginaire social dans lequel, hommes et femmes jouent le même rôle.

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