Pourquoi parlerons-nous des tabous féminins en 2017 ?


Les tabous féminins ont pendant longtemps, été mis de côté de la culture populaire. Les règles établies commencent à être renversées, et les prises de paroles s’accumulent.

Bousculer les tabous

Même dans les sociétés les plus conservatrices, comme la Chine ou l’Inde, certains débats commencent à émerger. Lors des JO 2017, la nageuse Fu Yuanhui a évoqué ses règles en direct à la télévision chinoise, expliquant ainsi une performance compliquée. L’athlète brise alors un tabou, sa franchise a séduit les internautes s’exprimant sur les réseaux sociaux. Alors qu’en Chine les organismes de réglementation censurent les propos liés à l’hygiène féminine sur les heures de grande écoute, la nouvelle marque de tampon Fémme, lancée cette année souhaite « changer les perceptions de la menstruation de tradition conservatrice à symbolique de l’identité féminine contemporaine ».

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La marque de tampon souhaite dissiper la stigmatisation autour de l’utilisation de ce produit.

Le désir féminin est également peu présent dans la culture populaire, la sexualité étant souvent représentée par le fantasme masculin. L’artiste Sophia Wallace souhaite à travers ses projets artistiques nous éduquer à propos du sexe féminin, elle regrette le fait que le corps de la femme soit le premier symbole du désir sexuel, et que pourtant, l’anatomie de l’organe féminin soit s’y peut connut. En effet, dans l’imaginaire collectif le corps féminin illustre le désir érotique traditionnel, pourtant règne un total illettrisme à propos du clitoris. C’est seulement en 1998 qu’une urologue a établi l’anatomie complète de cet organe.

«Je pense que plus de femmes de tous âges, et plus particulièrement de jeunes femmes, commencent à accroître leur sentiment de droit sexuel»

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Alexandra Rubinstein aborde la sous-représentation du plaisir féminin dans son travail

La plateforme « Club Clitoris » encourage les femmes à aimer leurs corps, en publiant des illustrations représentant des vagins, lèvres ou encore poils pubiens. Quant au compte instagram « Look at this pussy », il vous permet de faire preuve d’imagination, son objectif est de détruire les tabous en postant des photos de paysages ou objets signifiant le sexe féminin.

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Compte Instagram @look_at_this_pussy
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Compte Instagram @clubclitoris

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ces tabous font pourtant partie du quotidien féminin, et tout le monde en a connaissance, mais les débats restent limités autour de ces sujets. Les particularités du corps masculin font davantage partie des discussions communes.

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Yung Cheng Lin expérimente le corps féminin

En Europe, plus de 18% des filles commencent à avoir leurs menstruations, sans comprendre ce qui se passe, un réel tabou existe autour de ce sujet. C’est pour cela que la marque de tampon Yoni souhaite informer sur le cycle féminin, à la fois les femmes et les jeunes filles pour qu’elles comprennent comment fonctionne leur corps. Le cycle féminin prend entre 23 à 35 jours ou plus pour se préparer à la menstruation. Cette vidéo réalisée par le studio INE & SANNE met en image le cycle féminin qui commence à se développer.

 

La norme de l’identité sexuelle

Dans son projet « Experimental Relationship », Pixy Yijun Liao se questionne sur notre vision des rapports amoureux entre une femme et un homme. Elle explore la stigmatisation du genre, ses photos parlent d’elles même, mettant en scène la domination féminine dans une relation de couple.

 

« En tant que femme éduquée en Chine, je pensais que je ne pouvais aimer qu’un homme plus âgé et plus mature que moi. Puis j’ai rencontré mon copain, Moro, qui a cinq ans de moins que moi, et je suis devenue la personne ayant l’autorité et le pouvoir. »

 

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Experimental Relationship – Pixy Yijun Liao

Les caractéristiques du genre ancrées dans nos cultures, sont amenées à évoluer. Les hommes participent également au bouleversement de ces préjugés, allant jusqu’à assumer pleinement leur part de féminité dans des domaines très normés. Le rap commence à faire son coming out, il est pourtant, l’un des genres musicaux les plus catégorisés. Il est considéré comme une pratique très masculine, dans laquelle la féminité et l’homosexualité sont très peu présentes. Pourtant, cet univers est en pleine évolution, et certains rappeurs semblent prendre plaisir à mettre à mal la masculinité vantée dès le début du mouvement aux États-Unis. De nombreux rappeurs « hip-hop queer » n’hésitent pas à s’affranchir de l’image du rappeur gangsta, en dansant dans leurs clips de manière décomplexée aux rythmes d’instrumentales toujours plus imprévisibles.

L’idéal féminin et masculin sont alors remis en question, laissant place à la sincérité, l’autonomie, l’expression personnelle et la compréhension des autres. Une évolution des moeurs qui laisse espérer davantage de tolérance dans la culture populaire.

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