La sculpture oscille entre références classiques et procédés disruptifs


La sculpture est souvent perçue comme un art immuable alors qu’elle n’a jamais cessé d’évoluer, d’impressionner et même de déranger. Elle nous dévoile un avant-goût de son futur en nous rappelant son passé.  

Oeuvres immobiles, art en mouvement 

Ancrées dans notre paysage et installées depuis de nombreuses années dans les musées historiques, les sculptures figuratives transmettent une notion importante de stabilité, par la nature de l’objet représenté ainsi que sa forme, le plus souvent une personne, un buste figé ne laissant apparaître aucune émotion, représentée avec exactitude et traversant les époques sans prendre une ride. L’imitation du réel a peu à peu laissé place à l’expressivité des artistes proposant une représentation du monde plus imaginative, subjective et surprenante qui bousculera l’immobilité de la sculpture.

À l’image du maître Rodin qui est peut-être l’inventeur de la technique du collage, les procédés de création ceux sont diversifiés et ont eu un impact sur la façon de concevoir une sculpture. Son travail a mis du temps avant d’être reconnu, ne correspondant pas à la norme de l’époque, mais sa passion envoûtante a pris le dessus, Rodin exprimait sa volonté de se dissocier du naturalisme et il s’autorisait à déformer les corps, favorisant l’expressivité des formes, des sentiments et de la sensualité.

Constantin Brancusi - Sleeping Muse, 1910
Constantin Brancusi – Sleeping Muse, 1910 « Ce n’est pas la forme extérieure des choses qui est réelle, mais leur essence. À partir de cette vérité, personne ne peut exprimer la réalité en imitant la surface externe des choses »

Les disrupteurs disruptés

C’est ensuite Marcel Duchamps qui remettra en question la définition même d’une oeuvre en d’art en exposant des objets trouvés. Son travail provoque alors de nombreuses interrogations, il remet en cause le rôle de l’artiste et les notions de savoir-faire et de travail manuel qui précède l’oeuvre finale. Cette vision de l’oeuvre d’art est marquée par la dignité de l’objet et la perception de l’artiste et du regardeur envers celui-ci. Elle a influencé de nombreuses pratiques artistiques et se retrouve aujourd’hui dans la sculpture contemporaine, davantage conceptuelle que réelle.

Basé à Turin, le studio de design Nucleo explore l’histoire passée et futur de la sculpture. Le travail de Nucleo réconcilie la sculpture et l’art figuratif à travers la représentation d’humains ou d’animaux. Le procédé de création des artistes n’est pas commun puisqu’ils utilisent des données générées par ordinateur, qui détermine à partir d’une logique binaire les opérations de soustraction, d’intersection et d’union exécutées dans la sculpture pour créer des sculptures uniques.

Cette logique binaire est représentée par la fusion de deux formes radicalement opposées: la sculpture classique d’une figure animale ou humaine et les formes en bronze. En mettant en œuvre les fonctions de conception assistée par ordinateur, Nucleo initie un dialogue entre le passé et le futur, l’homme et la machine et ré-actualise la question posée par Duchamps, quelle est la place de l’intervention humaine dans la conception d’une oeuvre d’art ? 

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