Le futur de l’art est africain


L’art africain est une nouvelle fois célébré cette année dans une exposition à New York. Un mouvement qui monte en puissance et diversifie l’offre des galeries et musées autour du globe.

Considération internationale

Précédemment mis à l’écart, l’art africain est plus que jamais célébré, de l’art contemporain à la culture populaire, il brille sur la scène internationale. L’ouverture du Mocaa (Museum of Contemporary African Art), le plus grand musée d’art du continent africain qui est situé à Cap, en Afrique du Sud est significative d’un changement opérant. De nombreuses expositions ont fait honneur aux artistes africains durant l’année 2016/2017, le New York Times souligne ce phénomène de gentrification de l’art moderne africain, un marché en pleine mutation dont la demande ne cesse d’augmenter.

À Paris, au cours du siècle dernier, Pablo Picasso fut subjugué par la richesse offerte par les oeuvres africaines auxquelles il fut confronté lors d’une visite au musée de l’ethnographie, alors qu’elles étaient alors simplement considérées comme des objets de curiosité ramenés pendant la période coloniale. Cette relation intense que l’artiste entretenait avec l’art africain a été retracée dans l’exposition « Picasso Primitif », présentée par le musée du quai Branly. La fondation Louis Vuitton a elle aussi accordé une place majeure à l’Afrique dans sa programmation en organisant l’exposition d’art contemporain « Art/Afrique, le nouvel atelier ».

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Romuald Hazoume – Contemporary African Art Fair, New York, 2017.

Un avenir prometteur

L’art africain est désormais considéré par un grand nombre, et il prend de la valeur. La galerie ATYPE, situé à New York qualifie cet engouement en nommant sa nouvelle exposition :« The Future is (Black) Femme ». Quinze artistes féminines sont ainsi invitées à présenter leur univers visuel et à partager leurs propres expériences d’artistes et de femmes noires. Un événement qui s’inscrit dans un contexte dans lequel le mouvement dit de l’art féministe fait plus que jamais parler de lui, un élan de diversité qui fait écho à la montée en puissance de l’art africain. Nos regards se tournent donc vers la diffusion d’oeuvres qui élargissent notre perception actuelle du monde dans lequel nous vivons, l’ouverture vers l’autre, notre désir de compréhension et la recherche d’histoires authentiques nous incitent à nous intéresser à ces nouveaux mouvements artistiques, et parfois mêmes politiques.

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Ojima Abalaka, The future is black femmes, New York, 2017.

Des enjeux contrastés

Cette diversification permet à de nombreux artistes issus de la diaspora de se faire entendre et d’apporter un vent de fraîcheur dans les galeries d’art. Comme le souligne l’artiste Wanuri Kahiu dans une conférence TED, l’art permet aussi de véhiculer une image plus riche de l’Afrique, et ainsi de ne pas réduire le continent à une vision unique basée sur les constats négatifs qui remplissent notre imaginaire (guerres, pauvreté, maladies, radicalisation, violences féminines, etc.).

Cet élan de diversité et d’optimisme doit cependant être nuancé. Malheureusement, la projection de nombreux artistes africains sur la scène internationale ne profitera probablement pas aux populations locales, dans de nombreux pays du continent, l’accès à l’art est encore restreint, voire inexistant. Il convient maintenant que les pays en développement profitent de cet engouement pour ouvrir des musées publics, que les oeuvres d’art venant d’Afrique ne soient pas uniquement en possession des collectionneurs privés, qu’elles profitent aussi aux générations futures, et que l’art se démocratise au plus vite. De plus, les oeuvres exposées dans les plus grands musées du monde ont pour un certain nombre été volées lors du colonialisme, et les Africains n’ont aujourd’hui aucune chance de revoir un jour ces symboles de leur histoire culturelle.

Kehinde Wiley - Museum of Contemporary Art, Zeitz, Afrique du Sud, 2017.
Kehinde Wiley – Museum of Contemporary Art, Zeitz, Afrique du Sud, 2017.
Cheri Samba - Art/Afrique, le nouvel atelier Fondation Louis Vuitton
Cheri Samba – Art/Afrique, le nouvel atelier Fondation Louis Vuitton, Paris, 2017.
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Kimathi Donkor – Contemporary African Art Fair, London, 2017.
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Jessica Spence – The future is black femmes, New York, 2017

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