Graphisme et protestation : le design pour changer le monde


Signes et symboles fleurissent autour de nous, ils sont devenus l’arme de guerre intelligente pour protester et engender un changement. Le graphisme est devenue la voix de l’activisme. 

Les dernières décennies ont été turbulentes; marquées par de nombreux scandales et une intensification de leur diffusion due à l’essor des nouvelles technologies. De nouvelles formes de protestations ont vu le jour, la révolte et l’expression du mécontentement ne se vivent plus uniquement dans la rue lors de manifestations. De #blacklivesmatter à #jesuischarlie ou dernièrement #metoo, les réactions instantanées se multiplient et se partagent avec le plus grand nombre, chacun peut se faire entendre sans même prononcé un seul mot, les smartphones sont devenus un outil pour protester et ont modifié la façon dont on s’engage politiquement.

The medium is the message?

Les messages politiques prennent de nouvelles formes et le design graphique remplace les mégaphones : celui qui saura se faire entendre n’est plus celui qui crit le plus fort, mais celui qui se fait retweeté le plus de fois. Dans ce contexte les classiques pancartes utilisées lors des manifestations sont toujours pertinentes et les messages inscrits sont de plus en plus réfléchis, intelligents, accrocheurs et surprenants. À l’âge de la sur-information, le design est devenu nécessaire pour espérer retenir l’attention de son audience.

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Photo : Scott Wong

Le Design Museum de Londres est parti à la recherche de ces signes graphiques et picturaux, illustrations et parfois réelles oeuvres d’art qui bouleversent le paysage politique et insufflent le pouvoir à chacun de se faire entendre par le biais de la créativité. De campagnes gouvernementales commandées par des studios renommés aux initiatives personnelles brutes et émotives d’individus sensibles à l’image, l’exposition Hope to Nope: Graphics and Politics 2008-18 rassemble de nombreuses et variées utilisations du design à des fins contestataires.

Le pouvoir individuel

Le graphisme a la capacité de marquer les consciences, les signes deviennent symboles et restent inscrits dans nos mémoires. Ils sont alors fièrement portés et ils démontrent notre implication individuelle ainsi que notre appartenance à un mouvement plus large.

Pour beaucoup, ce n’est pas une belle typographie qui va changer le monde. C’est réduire le potentiel du design que de penser qu’il se limite à la mise en forme. Il ouvre un champ de possibilités considérable. Si le design graphique est l’allié des activistes pour nous unifier autour de certaines causes et déstabiliser les systèmes politiques, il est aussi pour chacun de nous, un outil plus que jamais accessible pour prendre part au débat. Il permet de soutenir un mouvement depuis l’autre bout du monde et d’attirer notre attention sur des problèmes évités par les médias classiques. À en croire la racine latine graphein ; c’est-à-dire « écrire« , le designer graphique est bien celui qui maîtrise l’art d’écrire par les signes, le graphisme contient donc en lui le pouvoir d’imaginer une nouvelle histoire.

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Photo: David E Cooley
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Photo: Paul SKG
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Livre de l’exposition, Hope to Nope: Graphics and Politics 2008-18

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HOPE TO NOPE: Graphics and politics 2008-18 from Design Museum on Vimeo.

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