Un compte Instagram défie les stéréotypes africains


L’importance du continent africain est trop souvent réduite à une série de clichés qui façonne la représentation que l’on a de l’ensemble des habitants du territoire.

L’Afrique comme un tout

Notre imaginaire associé aux pays africains est relativement lié aux photos capturées par des touristes occidentaux ou par les médias classiques. Les clichés se répètent et ils nous empêchent de saisir la diversité sociale et environnementale des lieux. Un mouvement mondial tend à transformer notre vision de l’Afrique, il se nomme Everyday Africa et c’est un compte Instagram. Pour ses fondateurs, le photographe Peter DiCampo et l’écrivain Austin Merrill, le photojournalisme habituel contribue à la normalisation d’un récit simpliste de l’Afrique qui se focalise sur la guerre, les maladies, la pauvreté ou encore les animaux sauvages. Pour proposer au monde un renouveau visuel du continent africain, ils ont choisi de privilégier des photos de la vie quotidienne et ils souhaitent ainsi voir notre rapport à l’Afrique évoluer.

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Défilé de mode Goma – photo de @leyuwera1 l Un garçon prend une pause dans le Stade Antoinette Tubman, au Libéria – par @yagazieemez

Une nouvelle perspective

Depuis 2012, le photojournalisme en Afrique devient un récit collectif. Le compte Instagram relaie des photos de différentes personnes proposant chacun un regard sur ce territoire composé de 54 pays. Ce mouvement virtuel se matérialise aujourd’hui par la sortie d’un livre : Everyday Africa: 30 Photographes Re-Picturing a Continent. Avec plus de 3700 photos, ce compte Instagram définit une nouvelle forme de journalisme qui ne repose pas sur moment particulier, mais qui se construit grâce à une série d’instants partagés qui forme un récit complet. Everyday Africa permet à une nouvelle génération de photographes africains de définir leur vision de leur pays par leur quotidien. Pour les fondateurs, les photos que l’on voit habituellement ne sont pas inexactes, cependant l’inexactitude vient de l’incomplétude, c’est en étant confronté uniquement aux mêmes scènes visuels que nous réduisons la diversité du continent.

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Deux hommes jouent au jeu de damiers – photo de @sam.vox l Une fille saute du plongeoir de la piscine publique de Sea Point – photo de @thesestreetsza

L’alphabétisation visuelle

DiCampo et Merrill ont pour objectif de nous éduquer sur notre rapport au monde. Ils souhaitent favoriser une meilleure compréhension de notre société grâce à la photographie, pour cela ils ont créé The Everyday Projects, un organisme à but non lucratif axé sur la diffusion des comptes de photos du quotidien. Ils souhaitent mettre à mal les idées erronées en permettant aux plus jeunes d’apprendre de leur monde par l’expression visuelle. Le succès de ce compte Instagram permet la diffusion d’une alternative aux récits occidentaux construits suite au colonialisme, la communauté de photographes toujours plus grandissante continue de témoigner de la réalité qu’elle voit au jour le jour.

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Une femme au Liberia – photo de @yagazieemezi l Un jeune homme à Ejigbo – photo de @tomsaater l Un enfant au Liberia – photo de @africashowboy

 

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Des étudiants dans une université privée à Dakar, au Sénégal – photo de @ricci_s l Une femme et sa fille se dirigent vers un lieu de prière d’Eid Al-Fitr au lever du soleil au Caire, en Égypte – photo de @somewhereincairo

 

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Battles de breakdance au Goma dance festival, Congo – Photo de @leyuwera1

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