Ramzi ADEK, de la bombe à l’atelier


Mickey Mouse est un des personnages les plus connus de la culture populaire. Autour de ce personnage l’artiste Ramzi Adek a crée Mickadek. Nous avons rencontré Ramzi qui a notamment exposé à Art Basel Miami, l’une des plus célèbres foires d’art contemporain au monde.

L’artiste créée des œuvres accessibles à tous mais qui offrent de multiples interprétations. Il nous invite à percevoir le célèbre personnage de Disney d’une autre manière. Ces œuvres nous font sourire, mais une réelle interrogation tourne autour, est-ce une critique ou une éloge de cette célèbre souris ? Quelle qu’en soit notre perception une chose est sûre, Mickadek ne laisse pas indifférent.

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T’as commencé par le graffiti, puis t’as travaillé autour d’éléments populaires mais tu utilises toujours la bombe, comment est ce que tu te définies aujourd’hui ? Un street artiste ?

J’ai commencé le graf en 1992, aujourd’hui encore dans toutes mes oeuvres l’usage de la bombe est présent. Mais ce n’est pas pour autant que je suis un street-artiste, je ne l’ai jamais été, je me considère comme un pop-artiste. 100% pop-artiste. Le street-art et le pop-art sont deux choses totalement différentes… Lorsque je fais un tableau, je le fais pour raconter une histoire, alors que pour le graf je prend plus cela comme un sport, un concours de testostérone.

Le célèbre Banksy a réalisé une critique du monde de rêve que nous vend Disneyland avec son Dismaland, qu’est-ce que t’en penses ?

Je comprend la démarche de Banksy, Mickey a été crée pour contrôler la masse, Mickadey pour t’attirer vers moi. Il a un côté rassurant, tu interprètes comme tu veux le fait qu’il coule. C’est peut-être l’anticapitalisme qui coule sur son corps.

Le pop art explose, des références populaires sont toujours plus nombreuses. On retrouve beaucoup de références à notre enfance les Simpsons, les bandes dessinées… Comment t’expliques cette obsession pour ces souvenirs d’enfance ? Un retour à l’enfance ?

Je sais pas ce que font les autres et j’en ai rien à foutre ! Il y a 6 ans j’étais le seul à représenter Mickey qui coule. Pour ma part, j’ai grandi dans une famille populaire, dans un milieu populaire, j’ai grandi avec la télé et la culture populaire. Disney et Mickey c’est les références de mon enfance, il n’y a aucune mode à le représenter. C’est pas Mickey que je représente mais Mickadek, c’est ma muse. Quand tu le regarde comme ça, tu vois Mickey, mais non. Il y autre chose derrière. Regardes Monet, il avait une obsession pour les nénuphars, chacun sa muse.

Mickey Mouse est une souris devenue légende. En te l’appropriant espères-tu que la légende te sourisse ?

Bonne question… Bien sur que je souhaite laisser quelque chose, mais je veux pas attendre de mourir. Être une légende avant ma mort, et après ça laisser une trace positive.

Ramzi, tu as choisi ton pseudonyme « Adek » en référence à Adéquat. Aujourd’hui tu te sens plus en adéquation avec une galerie ou un mur et des bombes ?

Je me sens mieux dans mon atelier. Les galeries pour moi c’est un circuit à suivre. Je suis obligé de passer dans les galeries, vu le prix de production de mes oeuvres j’ai une obligation de vente pour pouvoir reproduire. Comme dans le film Phantom of the paradise, il y a pas de pacte avec le diable, il faut savoir où aller sans travestissement. Aujourd’hui je fais ce que je veux sans contrainte.

Pour ton projet FUTUR, tu as collaboré avec Aaron Jérôme, connu sous le nom de SBTRKT et son goût pour les dj sets masqués. À défaut d’amener le spectateur dans un univers, cela fait passer l’œuvre musicale avant la reconnaissance sociale. Pour toi l’œuvre doit-elle être forcément plus forte que l’artiste ?

Mickadek est le plus important, c’est lui la superstar, pas moi. C’est le pote que j’ai toujours voulu avoir. Perso vivre à coté de la mer ça me suffit amplement mais je peux pas me permettre de disparaitre en terme de notoriété, mais je pense qui cela me plairai d’être plus dans l’ombre, m’effacer.

Cette célèbre souris continue de nous intriguer. Doit-on aimer et admirer « ce pote qu’on a toujours voulu avoir » ou le voir comme un symbole de l’industrie capitaliste ?

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